« Valentina-Tchernobyl, née pour l’amour » d’après la « Supplication » de Svetlana Alexievitch J-6 avant la première du 06/04/2016 au théâtre de La Manufacture des Abbesses.

Aujourd’hui nous mettons en avant Alexis Reymbaut, Docteur en physique théorique de l’Université de Sherbrooke, Canada, qui a écrit un texte à partir du texte de la pièce « Valentina-Tchernobyl, née pour l’amour »

Valentina et la science derrière le désastre de Tchernobyl

Que faisiez-vous le 26 avril 1986 ?

Certains d’entre vous me répondront qu’ils n’étaient peut-être pas encore nés à l’époque (mon cas par exemple), d’autres me diront qu’ils vaquaient tout simplement à leurs occupations habituelles, et les derniers me répondront malheureusement qu’ils ont connu l’horreur… « J’ai vu ce que les autres n’ont pas encore vu, quelque chose d’horrible s’est ouvert devant nous avant les autres. » nous dit d’ailleurs Valentina Timofeivna Panassevitch, car c’est le 26 avril 1986, à 1h23, qu’a eu lieu le plus gros accident nucléaire de l’histoire de l’Humanité à Tchernobyl, au nord de l’Ukraine. Et il faut dire que Valentina est très bien placée pour parler de ça car elle est la femme d’un liquidateur. Son mari était en effet chargé de consolider et d’assainir le site de l’accident et a fini par mourir d’un cancer de la thyroïde avec métastases externes…

Mais qu’a-t’il bien pu se passer là-bas? Il faut tout d’abord comprendre comment fonctionne globalement un réacteur nucléaire : le but est de libérer une partie de l’énergie qui se trouve dans le noyau d’atomes lourds (comme l’uranium ou le plutonium par exemple) en les cassant! On parle de fission nucléaire. Un réacteur nucléaire comporte donc des barres de matériaux fissibles, dont les noyaux sont facilement cassables. Ces matériaux sont en réalité radioactifs : cela signifie qu’ils ne sont pas stables et qu’ils vont finir par se désintégrer pour donner des éléments chimiques plus légers en émettant aux passages des particules et de la lumière de haute énergie. La centrale nucléaire a connu ce que l’on appelle une fusion du réacteur : suite à de nombreuses erreurs de jugement et à l’absence de maintenance technique, la température en son cœur a commencé à grimper et a fini par faire fondre les barres de matériaux fissibles! Tout cela a entrainé l’explosion du réacteur et la dissémination d’une quantité gigantesque d’éléments radioactifs dans la nature!

Pour la suite, tout est affaire de physique! Valentina nous dit d’ailleurs : « Cette fois-ci, nos mères, la mienne et la sienne, avaient peur. Mais pas lui ni moi. Je me demande encore pourquoi, nous savions pourtant où il allait. Nous aurions pu emprunter le manuel de physique de terminal du fils des voisins. Mais non. » Il est important de savoir que lors d’un accident nucléaire, ce ne sont pas les radiations nucléaires sur le moment qu’il faut craindre mais celles qui vont être produites par les poussières radioactives dispersées aux quatre vents! Il en existe sous trois formes principales : – la radioactivité alpha, qui revient à émettre un groupe de 2 protons et 2 neutrons et qui peut être stoppée par une simple feuille de papier ; – la radioactivité beta, qui revient à émettre un électron ou un positron (son anti-particule) de haute énergie et qui peut être stoppée par une simple feuille d’aluminium ; – la radioactivité gamma, qui revient à émettre des rayons gamma (soit la forme la plus énergétique de lumière) et qui ne peut être atténuée que par une bonne épaisseur de matériau dense (comme le plomb par exemple). Ce sont les rayons gamma qui causent le plus de dégâts car ils ont suffisamment d’énergie pour casser les brins d’ADN qui portent notre information génétique! On parle de rayonnement ionisant et c’est malheureusement une trop grande exposition à ce rayonnement qui a scellé le sort du mari de Valentina. Les brins d’ADN cassés par les rayons gamma vont en effet être lus de travers par notre corps, ce qui va résulter en la création de cellules déficientes : des cellules cancéreuses! C’est la prolifération de ces cellules qui a alors transformé petit à petit le mari de Valentina en une créature monstrueuse…

Valentina nous dit enfin : « J’ai gardé de lui sa montre, sa carte militaire et la médaille qu’il a reçue pour Tchernobyl… ». La médaille en question, qui fut remise aux liquidateurs par le gouvernement ukrainien, porte en son centre une goutte de sang traversée par des rayons alpha, beta et gamma. Quelle ironie!

Alexis Reymbaut Docteur en physique théorique de l’Université de Sherbrooke, Canada à propos de la pièce « Valentina-Tchernobyl, née pour l’amour »extrait de la Supplication de Svetlana Alexievitch

Nous vous rappelons que Ces liens sont mis en avant afin de favoriser réflexions et pensées autour de ces sujets sensibles et complexes.

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Nous partageons tous les jours, avant la première du 6 avril de « Valentina-Tchernobyl » et durant toute la programmation de notre pièce au théâtre de la Manufacture des Abbesses, des articles, informations, vidéos, photographies, oeuvres d’art en lien avec le nucléaire et les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima

Tchernobyl, c’était il y a 30ans, le 26 avril 1986 et Fukushima il y a 5ans, depuis le 11 mars 2016.

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« Valentina-Tchernobyl née pour l’amour »  Bande annonce ici : Valentina

pièce librement inspirée de « La Supplication » de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de Littérature 2015, « VALENTINA-TCHERNOBYL » raconte l’hallucinante prise de conscience d’une femme amoureuse confrontée aux conséquences de l’explosion du réacteur nucléaire de 1986. Ce spectacle montre l’amour en lutte contre ces radiations qui détruisent jour après jour l’homme qu’elle aime. Une histoire vraie. Un témoignage vibrant de foi, de vie, d’abnégation et de révolte. Un cri et un murmure où l’amour triomphe.

Réservations possible ici au théâtre de LA Manufacture des Abbesses directement ou surBillet réduc

quelques articles déjà paru sur « Valentina-Tchernoby, née pour l’amour«

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« A réserver parce qu’il Vaut mieux Tôt que jamais, L’hallucinante prise de conscience d’une héroïne de l’amour confrontée aux conséquences de Tchernobyl (les radiations détruisent jour après jour l’homme qu’elle aime). Porté par Coralie Emilion- Languille, ce témoignage vibrant de foi et d’abnégation, s’énonce comme un cri d’amour doublé d’une révolte politique face aux forces glaciales de la science. Un bel hommage aux victimes de l’explosion du réacteur nucléaire le 26 avril 1986. « 

Et dans le Blog
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Sur scène, Coralie Emilion insuffle à ce personnage une douceur et une lucidité qui transforme ce monologue en une sorte d’épopée mystique et étonnante. Sur un plateau dépouillé, dans une lumière chaleureuse, le personnage de Valentina surgit comme une apparition. On croirait une toile en clair-obscur qui rappelle celles de De La Tour ou du Caravage… Un personnage qui vient comme un fantôme témoigner doucement, tantôt murmure, tantôt rire, tantôt ahurissement. Car le génie de ce spectacle est d’avoir su contrebalancer les visions effroyables des conséquences des radiations nucléaires sur un être humain par une dévotion amoureuse sans limite. Et l’on ressort à la fois terrorisé par ce dont est capable la folie humaine, et émerveillé par l’amour dont est capable la folie humaine. Un beau et grand frisson. 

article complet ici 

Bruno Fougnies

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Bonne journée à tous

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